"L'évadé en cavale arrêté dans un fast-food..."
Le détenu en fuite a été repéré par hasard par une surveillante de la maison d’arrêt qui faisait son shopping au Forum des Halles à Paris.
Elodie Soulié | 13.11.2008, 07h00
"PRIS en sandwich, doucement mais fermement, par des policiers de la brigade anticriminalité, alors qu’il mangeait un hamburger…C’est ainsi qu’a pris fin la cavale d’un mois, presque jour pour jour, de l’évadé de la maison d’arrêt de Villepinte. Ce jeune homme de 20 ans, incarcéré dans le cadre de plusieurs affaires de banditisme, restait vainement recherché depuis qu’il avait profité d’une consultation médicale à l’hôpital Robert-Ballanger pour fausser compagnie à l’escorte.
Il avait sauté prestement de l’ambulance qui venait d’arriver dans le sas des urgences. Menottes aux poings, il avait disparu sitôt la portière ouverte. Une évasion qui avait même provoqué un brin d’admiration de la part d’un représentant de la direction de Ballanger, à la vue de ce « vrai champion de sprint ! » filmé par les caméras de surveillance de l’hôpital. Il y venait consulter pour… une blessure aux pieds, selon l’ordonnance qui justifiait son rendez-vous.« C’est courageux »
Samedi, le fuyard a fait les frais de son imprudence, pensant peut-être qu’un fast-food offrait suffisamment d’anonymat, surtout au cœur du quartier très animé du Forum des Halles, au cœur de Paris. En fin d’après-midi, une surveillante de la maison d’arrêt de Villepinte y faisait justement du shopping. En passant devant le petit restaurant, elle a reconnu l’évadé, attablé avec deux amis et visiblement en pleine discussion. Elle ne pouvait se tromper : jusqu’au 10 octobre dernier, le détenu était incarcéré dans son unité. La jeune femme a alors alerté la BAC du Ier arrondissement, et le jeune homme a été interpellé en douceur quelques minutes plus tard.
Collègues et hiérarchie, chacun salue depuis « le courage » et « le mérite » de la surveillante, certes servie par « des circonstances assez extraordinaires », ainsi que note le directeur de la maison d’arrêt, André Breton, pour qui « cette jeune femme a fait preuve d’un sens du service public remarquable ». Et salué paraît-il en haut lieu. « C’est courageux, répète de soncôté Céline Verzeletti, secrétaire générale du syndicat CGT Pénitentiaire. Il fallait percuter, réagir vite, or les circonstances n’y étaient pas vraiment les plus propices ! »
Héroïne d’un jour pour l’administration pénitentiaire, la surveillante préfère quant à elle conserver l’anonymat."
Le Parisien
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